« Toute atteinte nouvelle à l'intégrité territoriale de l'Ukraine aura des conséquences massives. On ne peut pas être plus clair, dit le ministre français des Affaires étrangères au Journal du Dimanche. Ma collègue allemande a dit "pas un pas de plus", je fais mienne cette expression », complète Jean-Yves Le Drian qui se rendra en Ukraine les 7 et 8 février prochains, en compagnie de sa collègue écologiste allemande, Annalena Baerbock.

Martial avertissement ou simple coup de menton ? À la lecture de l’hebdomadaire Le Point, telle est la question. Car « la première crise internationale de 2022 » est consécutive à « l’ultimatum » lancé par la Russie, le 17 décembre dernier, quand Moscou a, de fait, exigé « un retour de l’Ukraine dans le giron russe » et la reconstitution d’un « glacis stratégique sur les marches occidentales de la Russie », résume ce magazine. Or dans ce vrai bras de fer, « ce sont les États-Unis qui mènent seuls la négociation », se navre Le Point. 

Quant aux Européens, ils sont « infantilisés, réduits au rôle de spectateurs », et ils valident la thèse russe selon laquelle l’Union européenne « ne compte pas », estime Le Point.
Le Drian accuse Wagner
Jean-Yves Le Drian qui, par ailleurs, s’en prend une nouvelle fois ce matin aux nouvelles autorités du Mali et au groupe russe Wagner. « En fait », le combat contre le terrorisme apparait aux yeux des nouveaux dirigeants maliens « comme secondaire », dit le ministre français des Affaires étrangères dans Le Journal du Dimanche.

Selon Jean-Yves Le Drian, la société Wagner « utilise la faiblesse de certains États pour s'implanter elle-même (…) et au-delà pour renforcer l'influence de la Russie en Afrique ». Le ministre affirme qu’au Mali, les hommes en armes de Wagner « se servent déjà en ce moment des ressources du pays en échange de la protection de la junte. Ils spolient le Mali », lance Jean-Yves Le Drian au JDD.
La France au défi en terre africaine
L’Ukraine, « Barkhane »… autant de sujets qui sont les parents pauvres de la campagne électorale. Cette semaine, justement, le magazine Marianne ouvre le dossier de la politique africaine de la France.

Selon cet hebdomadaire, le mandat d’Emmanuel Macron s’achève « dans la confusion, la déception et les prémices d’une sortie sans gloire – mais pas sans conséquence – de la longue, trop longue, expédition militaire au Mali ».

Comme le rappelle Marianne « l’Élysée avait fixé deux lignes rouges à ne pas franchir : « un partenariat effectif avec (…) Wagner et un report des élections prévues pour la mi-février 2022. Voilà maintenant près d’un mois que les mercenaires de Wagner ont mis les pieds dans le pays, quelques dizaines au début, plusieurs centaines désormais, déjà impliqués aux côtés des forces armées maliennes dans un accrochage avec un groupe de djihadistes, assure Marianne. Quant aux élections… », soupire ce magazine, en soulignant que, « depuis la fin des expériences du « socialisme africain » (…) rarement un pays de son ancien pré carré n’aura à ce point défié l’ancienne puissance coloniale ».

Alors ? Force est pour Marianne de constater que « les horloges d’une partie des élites africaines (…) comme des sociétés civiles ne sont plus réglées sur celles de Paris (…) Restait ce fameux maillage militaire unique (…) en terre africaine. Or un nombre croissant d’Africains ne supportent plus cette prétention à maintenir une présence militaire « impériale », fut-ce pour une supposée bonne cause. Entre autres parce que (…) Paris a soutenu et soutient encore des régimes illégitimes et franchement détestables, voire épouvantables », estime Marianne. Pour conclure, cet hebdomadaire convoque l’historien burkinabè Joseph Ki-Zerbo, qui écrivait : « Il faut que le Nord ait suffisamment de bons sens et de modestie pour comprendre qu’il peut apprendre quelque chose des pays du Sud ».