“Des images et des hommes” Bamiyan 20 ans aprèsau Musée Guimet, Parisdu 24 février au 21 juin 2021



extrait du communiqué de presse :





Commissaires :

Sophie Makariou, présidente du MNAAG, commissaire générale

Pierre Cambon, conservateur en chef des collections Corée, Pakistan et Afghanistan du MNAAG





Le 11 mars 2001, les Talibans qui avaient pris le pouvoir en Afghanistan, organisaient la destruction de deux bouddhas monumentaux de 38 et 55 m de haut, sculptés dans les roches des hautes falaises de Bamiyan. Des oeuvres d’une valeur universelle, témoins de l’extraordinaire vitalité de l’art boudhique de cette vallée, située sur la route de la soie et ouverte à toutes les influences, indienne, grecque, romaine… Diffusées par les Talibans, les images de la destruction firent le tour du monde, six mois avant celles des tours jumelles du World Trade Center à New York.



Ces deux événements ont marqué notre entrée dans le 21ème siècle. L’atteinte à la mémoire des hommes, à leur patrimoine et la mémoire où ils s’enracinent, est reconnue depuis comme un crime contre l’humanité.



20 ans plus tard, le Musée national des arts asiatiques – Guimet a choisi de commémorer la destruction du site de Bamiyan à travers une exposition présentant des oeuvres archéologiques majeures retrouvées sur cette falaise afghane. Des photographies du plasticien Pascal Convert éclairent la richesse de ce patrimoine de façon contemporaine.



L’exposition rend hommage à Joseph et Ria Hackin, archéologues de Bamiyan et conservateurs du musée, disparus il y a 80 ans.






Des oeuvres archéologiques exceptionnelles, en miroir de photographies contemporaines.



Le MNAGG présentera une série d’oeuvres archéologiques uniques retrouvées dans cette falaise afghane, du Gandhara à la période islamique. On y découvrira notamment deux mains de bouddhas monumentaux ayant conservé des restes de feuilles d’or.



Accompagnant ces oeuvres, les photographies de Pascal Convert, dont le Panoramique de la falaise de Bâmiyan et la Grotte sanctuaire de Bâmiyan détruite par les Talibans, offriront un regard plus contemporain. À travers les vestiges archéologiques, les relevés de peintures et vestiges de peintures originales, les créations contemporaines de Pascal Convert, les films et les documents d’archives (documents de fouilles, lettre de ralliement des Hackin au Général de Gaulle) présentés, l’exposition raconte l’histoire du site de Bamiyan et sa vitalité culturelle du VIème au XIIIème siècle, la base doctrinale qui a conduit à la destruction du site en 2001 mais aussi la terrible actualité des faits avec les destructions d’autres sites inscrits au patrimoine de l’humanité.



L’ensemble des oeuvres sera installée au premier étage du musée, dans la salle sino-tibétaine aménagée pour l’occasion.






Le rôle majeur de l’école archéologique française.



La France est particulièrement liée à la préservation de l’archéologie et de la mémoire de l’Afghanistan, pays où elle a créé en 1922 la délégation archéologique – devenue Direction Archéologique de l’Afghanistan, et aujourd’hui encore seul institut archéologique étranger implanté de façon permanente en Afghanistan.



Dominant la vallée, les falaises de Bamiyan sont situées sur l’une des plus importantes routes de commerce reliant l’Asie centrale au sous-continent indien. Comme celles de Dunhuang en Chine, elles sont constituées de loess, matériau qui se prête à la sculpture – ou plus exactement au modelage sur une armature – d’effigies monumentales dont la surface était, à l’origine, dorée.



Dans ce lieu d’art et de culture exceptionnel, les premières fouilles ont été françaises. Alfred Foucher, historien de l’art et spécialiste du monde bouddhiste, étudia le site dès 1922. André Godard, architecte, archéologue et historien de l’art français, et son épouse Edda s’attèlent ensuite aux premiers relevés des peintures au cours de l’hiver 1923, en dépit du froid atroce qui sévissait dans la vallée. L’exposition déploie un certain nombre de leurs relevés.



Conservés au MNAAG et jamais montrés, ils révèlent la vivacité de couleurs et l’accomplissement esthétique de la peinture bouddhique à Bamiyan. Les Godard poursuivront leurs travaux en 1924 avec Joseph Hackin* alors conservateur au musée Guimet et publieront la première étude sur l’art bouddhique de Bamiyan, éditée en 1928.



De nouvelles fouilles auront lieu en 1930 sous la conduite de Joseph Hackin, désormais directeur du musée Guimet, et accompagné de son inséparable ami l’architecte Jean Carl. De retour à Paris, Hackin travaillera à une nouvelle publication sur Bamiyan en 1933.Revenu en Afghanistan en 1934, il s’établit à Kaboul avec son épouse Ria, également archéologue, et rédige alors le premier guide de visite du site, désormais consacré comme un des hauts lieux de l’art bouddhique. Joseph et Ria Hackin**, unis à la ville et dans le travail, se rallient dès la première heure au général de Gaulle depuis l’Afghanistan. A Londres, Joseph et Ria sont investis d’importantes responsabilités. C’est lors d’une mission confiée par le Général que les Hackin trouvent une fin tragique dans le torpillage de leur bateau, le 24 février 1941.





*Joseph Hackin (né en 1886 et mort le 24 février 1941, en mer lors du torpillage de son bateau près des îles Féroé) est un archéologue français d’origine luxembourgeoise, résistant, compagnon de la Libération. En 1907, il est secrétaire de l’industriel Émile Guimet. Il apprend le sanscrit et tibétain à l’École Pratique des Hautes Études dont il est diplômé. En 1912, il est nommé conservateur adjoint au Musée Guimet et en 1923, après avoir poursuivi ses travaux de recherche il en deviendra conservateur.

**Ria Hackin (née en 1905 sous le nom de Marie Parmentier, morte le 24 février 1941) est une archéologue et résistante française de la Seconde Guerre mondiale. Officier des Forces Françaises libres, elle participe à l’organisation du Corps des Volontaires françaises au sein de la France libre. Disparue en mer avec son mari, à la suite d’un torpillage elle est faite compagnon de la Libération à titre posthume et reçoit la croix de guerre 1939-1945 avec palme.


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